La présence de matières plastiques dans notre alimentation est une réalité. Bien que les études soient encore limitées, il est d'ores et déjà possible de réduire notre exposition quotidienne. Deux chercheurs nous partagent leurs conseils.
Une étude menée par Orb Media, publiée par The Guardian début septembre 2017, a révélé que l'eau du robinet dans douze pays présentait des microplastiques dans 83% des échantillons examinés.
Jusqu'à récemment, les scientifiques se concentraient principalement sur les risques d'ingestion de plastique via les produits marins. Cependant, ces nouvelles découvertes soulignent la présence inquiétante de plastique dans notre alimentation quotidienne. Que ce soit pour cuisiner ou pour conserver nos aliments, le plastique est omniprésent. Il serait donc préférable de trouver des alternatives.
Les dangers du plastique
Selon Stéphane Firmin, enseignant chercheur en toxicologie, "le véritable problème ne réside pas dans le plastique lui-même, mais dans les substances chimiques utilisées lors de sa fabrication." Ces agentes peuvent migrer des contenants vers les aliments, et vice versa. Cependant, il assure que "ce phénomène n'est pas si alarmant".
Cela étant dit, une exposition continue aux plastiques pourrait avoir des répercussions sur la santé à long terme. Bruno Tassin, directeur de recherche au ministère de l'Écologie, précise : "les risques pour l'être humain commencent à peine à être analysés; les recherches sont encore à leurs débuts". Les impacts varient en fonction de divers facteurs : la quantité absorbée, la fréquence d'exposition et la sensibilité de chaque individu.
Les plastiques omniprésents dans notre ambiente
Les particules plastiques sont présentes partout, même dans l'air, rappelle Bruno Tassin. Elles peuvent contaminer des aliments ou des boissons durant les repas. Même dès la culture des aliments, des contaminants peuvent être présents à cause de l'air, de l'eau ou des sols. La qualité des contenants joue également un rôle, tout comme la durée de contact pendant la préparation des repas.
Les aliments gras ont tendance à absorber davantage de particules plastiques. De plus, il faut se méfier des décorations peintes sur les bocaux en verre, qui peuvent contenir des substances toxiques, telles que le plomb.
Réorganiser son utilisation du plastique en cuisine
"Éviter totalement ces substances chimiques est irréaliste", avertit Stéphane Firmin. Cependant, limiter son exposition est possible. Par exemple, chauffer des plats dans des emballages plastiques favorise la migration des molécules. Il est donc conseillé de transvaser les aliments dans des récipients en verre.
En général, utiliser des bocaux pour stocker les ingrédients et privilégier les ustensiles en bois sont de bonnes pratiques. L'achat de produits frais non-emballés constitue également une initiative judicieuse. N'oublions pas que même les récipients en plastique se détériorent avec le temps. Lorsqu'ils présentent des taches ou des rayures, il est plus prudent de les jeter.
Cependant, Stéphane Firmin avertit qu'il ne faut pas stigmatiser le plastique, car le verre et l'inox ont aussi des processus de migration. Nous sommes continuellement exposés à diverses substances potentielles.
(1) Stéphane Firmin, enseignant-chercheur en toxico-chimie à UniLassale.
(2) Bruno Tassin, directeur de recherche au ministère de l'Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie.







