De l’autre côté de l’Atlantique, un nombre croissant de parents se laissent séduire par le régime carnivore pour nourrir leurs enfants, une pratique qui attire l'attention des professionnels de santé.
Des vidéos circulent sur TikTok montrant des bébés savourant de la viande, comme des entrecôtes ou des glaces à base d’os à moelle, sous le hashtag #carnivorebaby. Ce phénomène pour le moins surprenant consiste à remplacer les fruits, céréales et autres aliments habituels par une alimentation exclusivement carnée. Les défenseurs de cette pratique soutiennent qu’elle favoriserait une meilleure digestion et un développement cognitif optimal. Cependant, cette approche alimente les préoccupations des pédiatres, dont Véronique Abadie, experte en nutrition et responsable clinique à l’Hôpital Universitaire Necker-Enfants à Paris.
les risques d'un régime dangereux
Inspiré par le régime cétogène, le régime carnivore présente des ingrédients riches en graisses et en protéines, avec une quasi-absence de glucides. Une mère sur TikTok vante les mérites de ce régime en évoquant des progrès précoces de son fils. Néanmoins, ces affirmations sont à prendre avec précaution, selon Pr Abadie, qui qualifie ce régime d'«inutile et dangereux».
Elle précise que si les protéines sont certes essentielles pour la croissance, leur apport ne doit pas dépasser 20 % des calories totales chez un enfant. Un excès pourrait engendrer des problèmes rénaux à cause de l'azote et de l’urée présents dans l’organisme.
des carences inquiétantes
Adopter un régime exclusivement carnivore impose également des risques de carences en vitamines et en fibres, essentiels pour le développement des enfants. L'équilibre alimentaire recommandé se compose de 50 % de lipides, 30 % de glucides et 20 % de protéines provenant de diverses sources, y compris des options végétales.
Les effets sur l'éducation gustative des enfants ne sont pas négligeables. Nourrir un enfant uniquement de viande limite sa capacité à explorer une palette variée de saveurs. Les jeunes enfants ont une tendance naturelle à privilégier des goûts sucrés puis salés, mais cette exposition limitée pourrait les rendre plus réticents à accepter des légumes aux saveurs plus amères.







