Selon une étude menée par dix associations de consommateurs, l'Europe doit renforcer la protection des citoyens contre l'acrylamide, une substance classée cancérigène présente dans certains aliments courants.
Aliments à risque
Des denrées comme les frites, les chips, et les biscuits contiennent de l'acrylamide, un composé formé lors de la cuisson à haute température (au-dessus de 120 °C) de certains sucres et acides aminés. Les dangers associés à cette molécule sont bien connus, exposant les Européens à ce risque à travers à la fois des produits industriels et des préparations maison, notamment lorsqu'ils sont cuits à une température excessive.
Résultats inquiétants d'une enquête
Sur environ 500 produits testés, les résultats publiés par le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) révèlent des chiffres alarmants. Par exemple, un tiers des échantillons de biscuits et de gaufrettes dépassent les seuils d'acrylamide. Cela est d'autant plus préoccupant pour les jeunes enfants, qui consomment fréquemment ces aliments, souvent moins régulés que ceux destinés aux bébés. À ce jour, 13 % des aliments pour bébés, près de 8 % des chips et 3 % des frites ne respectent pas les normes de sécurité en matière d'acrylamide.
Appel à une réglementation plus stricte
En 2015, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait déjà désigné l'acrylamide comme un « problème de santé publique ». Puis, en avril 2018, une réglementation européenne a été mise en place pour encadrer les niveaux de cette substance. Les producteurs alimentaires et les restaurateurs doivent s'engager à respecter des seuils maximums, en choisissant des variétés moins sujettes à la formation d'acrylamide et en surveillant les méthodes de cuisson.
Cependant, les associations de consommateurs estiment que cette réglementation est insuffisante et demandent à la Commission européenne de renforcer les exigences en abaissant les taux autorisés et en rendant les obligations plus strictes pour les industriels. De plus, certains produits, perçus comme plus sains, ne sont pas encore couverts par ces règlements, alors que les tests indiquent que les chips de carottes, betteraves ou panais peuvent contenir jusqu'à deux fois plus d'acrylamide que les chips classiques à base de pommes de terre.







