De nos jours, nombreux sont ceux qui choisissent d'éliminer le gluten de leur alimentation, souvent par confort digestif ou par conviction. Mais que vaut cette décision lorsqu'on n'a pas de diagnostic médical ?
Une tendance en pleine expansion
Lors d'un repas, il n'est pas rare d'entendre des amis déclarer avoir éliminé le gluten pour diverses raisons. Que ce soit pour éviter l'inconfort digestif, pour des croyances personnelles sur sa nocivité ou simplement pour suivre la tendance actuelle, ils sont de plus en plus nombreux. Pourtant, seule une petite fraction de la population française est réellement atteinte de la maladie cœliaque, une affection touchant environ 1% des Français. Selon un sondage de 2022, 8% des individus affirment avoir arrêté le gluten. Mais est-ce bien justifié ?
Un bénéfice incertain sans raison médicale
Le gluten, une protéine présente dans le blé, le seigle et l’orge, n'est pas essentielle à notre organisme. D'ailleurs, comme l'a souligné le Pr Stéphane Schneider, gastro-entérologue, l'espérance de vie des personnes atteintes de la maladie cœliaque est comparable à celle de la population générale. Ainsi, sans un diagnostic médical formel, l’arrêt du gluten pourrait ne présenter aucun avantage réel.
En dehors des personnes diagnostiquées, le Pr Schneider recommande de ne pas évincer le gluten sans raison valable. En effet, les risques d'un arrêt totalement seul incluent des déséquilibres nutritionnels, notamment en fibres et vitamines essentielles.
Adapter plutôt qu'éliminer
Pour ceux qui ressentent une amélioration de leur confort digestif, il pourrait s'agir d'une hypersensibilité non cœliaque. Dans ce cas, une consultation médicale est primordial. Une fois la maladie cœliaque écartée, il est préférable de consulter un diététicien pour diminuer la consommation de gluten sans l'éliminer totalement.
Pour réduire les apports, privilégier des aliments tels que le pain au petit épeautre, moins riche en gluten, ou préparer soi-même des pâtes à tarte sans gluten grâce à une variété de farines, telles que celle de quinoa ou de châtaigne, constitue une approche plus équilibrée. Enfin, il est à noter que certaines personnes peuvent réagir négativement au blé moderne, et il serait judicieux de s'orienter vers des variétés anciennes comme le petit épeautre ou le kamut.







