Depuis des années, les plats cuisinés industriels connaissent une popularité croissante en France. Le temps consacré à la cuisine à domicile a d’ailleurs diminué de 25% en 25 ans. Cette tendance soulève la question de la santé, car il est prouvé que cuisiner soi-même est généralement plus bénéfique que de consommer des aliments ultratransformés, souvent trop riches en gras, sucre et sel, augmentant ainsi les risques de maladies cardiovasculaires.
Malgré les bienfaits du fait maison, une étude de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), publiée en 2020, remet en question l’idée que cuisiner chez soi est toujours une option économique. Examinons en détail les conclusions de cette recherche.
Une étude révèle un coût supérieur pour les plats maison
Contradictoire à l’opinion commune, l'étude de l'INRAE a montré que préparer des plats maison revient finalement plus cher que d’opter pour des plats industriels. Ce constat est sans doute une des raisons expliquant l’attrait grandissant des Français pour les solutions rapides, surtout dans un contexte d’inflation persistante.
Une autre dynamique émerge : la répartition des tâches domestiques. Avec un nombre croissant de femmes actives, le temps consacré à la cuisine semble se réduire au profit de la vie professionnelle. L’étude a analysé les prix de 4 portions de 19 plats populaires, tels que le bœuf bourguignon ou la quiche lorraine, en comparant les coûts des plats préparés aux ingrédients nécessaires pour les cuisiner soi-même.
Analyse du rapport coût-temps entre plats industriels et maison
Selon les résultats de l’INRAE, un plat industriel coûte en moyenne 1 € de moins que son homologue fait maison, juste en tenant compte des prix d’achat. Si l'on inclut également les frais énergétiques de préparation, la tendance demeure. Cependant, l’étude souligne que cette perception change lorsque l'on considère le temps passé en cuisine. En prenant en compte le SMIC horaire, le coût d’un plat fait maison excède de plus de 5 € celui d’un plat préparé. Cela est dû à un besoin accru de main-d'œuvre pour les plats maison, alors que les plats industriels sont optimisés pour une préparation rapide.
Ce constat met en lumière un enjeu significatif pour les ménages à faible revenu, qui peuvent rencontrer des obstacles à l’achat et la préparation d’aliments frais.
L’INRAE conclut que les plats industriels, en raison de leur coût et facilité d’accès, jouent un rôle crucial dans la garantie d'une alimentation plus saine, en luttant contre les inégalités sociales en matière d'alimentation.
Les atouts indéniables de la cuisine maison
Malgré les conclusions de l’INRAE, cuisiner chez soi a de nombreux avantages. Le coût des ingrédients bruts peut souvent s’avérer plus économique. Par exemple, acheter un kilo de pommes de terre peut être moins cher que d'acheter un sac de frites surgelées.
Cuisiner soi-même permet également d’éviter de consommer des additifs souvent présents dans les plats industriels, dont les effets nocifs commencent à être établis. De plus, les plats maison offrent la possibilité de contrôler la qualité des ingrédients et d’éviter une surconsommation de sel, de sucre ou de matières grasses de mauvaise qualité.
Cuisiner nécessite également moins de déchets, en opposition aux emballages des plats industriels. Bien que le temps demeure une contrainte, plusieurs astuces existent pour le réduire : utiliser des produits en conserve ou surgelés, privilégier des modes de cuisson rapides comme le micro-ondes, ou préparer des plats simples comme des salades composées.
De nombreux aliments faciles à cuisiner, tels que les légumes secs, les féculents complets, ou encore les fruits et légumes de saison, s'avèrent sains et peu onéreux par rapport aux plats industriels dont la valeur nutritionnelle est souvent limitée.







