Depuis plusieurs années, le poke bowl s'est imposé comme un plat incontournable, notamment lors des pauses déjeuner des citadins. Bien qu'il ait pris d'assaut les menus, des experts remettent en question ses bénéfices nutritionnels et son empreinte écologique.
Un phénomène culinaire en mutation
Apparu sur la scène culinaire il y a sept ans, le poke bowl a conquis les palais en associant du poisson cru, des légumes variés et du riz. Avec les années, la recette originale hawaïenne a évolué, intégrant des ingrédients comme le saumon, le thon ou même des options végétariennes. Cette diversité a certes enrichi le goût, mais a également brouillé l'identité d'origine du plat.
Les doutes sur la valeur nutritive
En apparence, le poke bowl offre une combinaison équilibrée de nutriments : protéines, vitamines, et fibres. Cependant, des nutritionnistes comme Alexandra Retion mettent en avant que les ingrédients modernes, souvent raffinés, diluent ses propriétés nutritives. Par exemple, le riz blanc, fréquemment utilisé, n'apporte pas les mêmes bienfaits que des variétés complètes et peut avoir un indice glycémique élevé. De plus, de nombreux ingrédients hautement transformés sont maintenant disponibles, ajoutant des calories inutiles et des graisses saturées.
Une question d'éco-responsabilité
En parallèle à ces enjeux nutritionnels, l'impact environnemental du poke bowl est préoccupant. Selon Ninon Gouronnec, de la Fondation Good Planet, l'essor de ce plat implique une importation massive de produits comme le saumon, dont les stocks sont menacés. Par ailleurs, des fruits exotiques comme l'avocat et la mangue, souvent utilisés dans les recettes, sont cultivés et transportés sur de longues distances, augmentant ainsi leur empreinte carbone. Le véritable défi consiste à redéfinir le poke bowl en utilisant des ingrédients locaux, de saison, pour garantir une cuisine à la fois délicieuse et durable.







