Le chef du Trianon Palace fait ses valises.
À peine les deux étoiles brillent-elles sur le Trianon Palace que Gordon Ramsay, célèbre chef anglais, décide de vendre ses parts au groupe Hilton, récemment propriétaire des lieux. Cette décision soulève des interrogations sur l'avenir de ce restaurant prestigieux.
Un chef sous pression
Il est intrigant de se demander ce que pense véritablement Gordon Ramsay, âgé de 42 ans, de sa situation. Connu pour son franc-parler, il avait autrefois critiqué ses confrères pour leurs absences. Lorsque Marco Pierre White a renoncé à ses étoiles, Ramsay n'avait pas hésité à dire que c'était du bullshit. Aujourd'hui, il semble condamné à jongler avec des projets en crise. Plusieurs de ses établissements, dont ceux de Prague et Hollywood, ont dû fermer, tandis que d'autres réduisent leurs services dans un réflexe de précaution.
Les deux étoiles, un symbole de prestige
L'arrivée de Ramsay en France avait fait une onde de choc. Il promettait trois étoiles en cinq ans, mais a déjà reçu deux étoiles en février dernier, alors que beaucoup se demandaient comment un chef absent pouvait obtenir une reconnaissance que d'autres ont mis toute une vie à atteindre. Certains estiment que le guide Michelin se laisse séduire par des chefs médiatiques, capables de transformer leur image en réelle marque, semblant parfois ignorer l’art culinaire traditionnel.
Des finances fragiles
Cependant, ce procédé a ses limites. Les entreprises de Ramsay montrent des signes de faiblesse financière, alors qu'il a perçu plus de 7 millions de livres de revenus au cours des cinq dernières années. La presse économique s’empare du sujet, pointant du doigt des chefs qui gèrent leurs affaires de manière risquée.
La situation du Trianon Palace est quant à elle unique. Le Hilton a récemment acquis l'établissement de Westin Hôtel, découvrant que Ramsay constituait une charge bien trop lourde pour les budgets. Ils ont donc décidé de conserver le personnel des deux établissements qu'il gérait, mais l'absence de Ramsay lors de l'attribution des étoiles laisse planer le doute quant à son implication future.
Le restaurant continuera d'utiliser son nom pour attirer les clients, tandis que l’ancien chef se limitera à un rôle de consultant occasionnel. Reste à savoir si la qualité gastronomique se maintiendra sans sa présence. Hier, un raviolo de langoustines d'Écosse semblait banal, alors que le pigeon royal de Bresse a été jugé remarquable par les gourmets. La note est, elle, impressionnante, s'élevant à environ 250 euros par personne. My goodness!
Trianon Palace, 1, bd de la Reine, Versailles (78). Tél. : 01 39 50 13 21. À découvrir également : la brasserie La Veranda, avec vue sur le parc.







