C'est dimanche, l'envie de tartines beurrées se fait sentir au petit-déjeuner. Pourtant, la préoccupation du cholestérol vient titiller les papilles. Que faire dans ce dilemme ? Un cardiologue nous éclaire.
La question brûle les lèvres de ceux qui viennent d'apprendre qu'ils souffrent d'hypercholestérolémie : puis-je continuer à déguster du beurre ? Au premier abord, la réponse semble claire. Les médecins recommandent généralement de limiter sa consommation de graisses saturées, donc de remplacer le beurre par des alternatives comme l'huile d'olive ou des margarines enrichies en phytostérols. Cependant, le Pr Dariush Mozaffarian, un cardiologue renommé de Boston, a une approche plus nuancée. Selon lui, "Oui, on peut manger du beurre, même avec du cholestérol… à condition de le faire avec modération".
Le beurre n’est pas interdit, mais il doit être accompagné avec soin
Le cholestérol se divise en deux types : le LDL, surnommé "mauvais" cholestérol, et le HDL, le "bon" cholestérol qui aide à éliminer l'excès de graisse. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le cholestérol alimentaire a un impact limité sur le cholestérol sanguin. Ce qui pose problème, c'est en réalité une consommation excessive de graisses saturées.
Le beurre en est riche ; une cuillère à soupe en contient plus de 7 grammes de graisses saturées, dépassant la moitié de l'apport journalier recommandé par l’American Heart Association, qui est de 13 g pour une diète de 2000 calories. Ainsi, il est conseillé de rester en dessous de 6 % de graisses saturées dans l'apport calorique. Le message du cardiologue n’est pas d'évincer totalement le beurre, mais plutôt d'équilibrer son apport global en matières grasses. "On peut considérer le beurre comme un aliment à consommer avec modération, tout en favorisant les graisses insaturées issues des noix et des graines, qui ont des effets bénéfiques sur le taux de cholestérol et diminuent le risque de maladies cardiaques," précise le Pr Mozaffarian.
Comment savourer un peu de beurre tout en gérant son cholestérol
Les graisses insaturées, présentes dans les fruits à coque, les graines, les huiles végétales et les poissons gras, apportent des bienfaits pour le cholestérol. En les associant au beurre, il est possible d’en atténuer l’impact. On peut par exemple le mélanger à de l’huile d’olive pour la cuisson ou l’étaler en petite quantité sur du pain complet, riche en fibres.
- Ajoutez une noisette de beurre sur des légumes riches en fibres : cela limite l’absorption du cholestérol.
- Mélangez le beurre à des huiles végétales, comme l’huile d’avocat ou de colza, pour diminuer la proportion de graisses saturées.
- Aromatisez avec des herbes, de l’ail rôti ou des épices pour renforcer le goût tout en réduisant la quantité utilisée.
Pour le cardiologue, l’essentiel est de ne pas se concentrer exclusivement sur le beurre, mais d'attaquer les véritables ennemis : "Limitez votre consommation de sodas, de boissons énergétiques, de bonbons, de céréales raffinées et de viandes transformées. Évitez le tabac, l’alcool et d’autres substances nocives. Un mode de vie actif, un bon sommeil, la gestion du stress et une vie remplie de sens sont les clés pour maintenir un taux de cholestérol sain."







