Le nouveau hors-série de 60 millions de consommateurs révèle des dangers cachés derrière les superaliments, souvent porteurs de promesses douteuses.
Au cours des dernières années, les superaliments tels que l'açaï, la spiruline et les graines de chia ont envahi les rayons des parapharmacies et magasins bio. Présentés comme de véritables trésors nutritionnels, ils se déclinent sous diverses formes : en poudre, en huiles, ou même en gélules. Cependant, une enquête récente de 60 millions de consommateurs, parue dans le hors-série intitulé La santé dans l'assiette, remet en question leur efficacité réelle. Aucune validation scientifique n'a jamais appuyé leurs prétendus bienfaits.
Les risques du surdosage
Il est essentiel de rester vigilant, car la supplémentation sans nécessité peut s'avérer dangereuse. Par exemple, la spiruline, prisée pour sa richesse en protéines, contient également du bêta-carotène. Or, à fortes doses (20 à 30 mg par jour), ce dernier augmente le risque de cancer chez les fumeurs, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).
D'un autre côté, une portion trop faible de certains superaliments peut rendre leurs bénéfices quasi nuls. Les graines de lin en fournissent une illustration parfaite : pour bénéficier de leurs omégas 3, il faudrait en consommer un bol entier chaque jour, ce qui peut entraîner des douleurs abdominales en cas de troubles digestifs. Le curcuma, quant à lui, nécessite un apport minimum de 2,5 g de curcumine pour un effet anti-inflammatoire notable.
Pesticides et métaux lourds
La qualité de ces produits est également préoccupante. En 2016, des analyses réalisés aux Pays-Bas sur des échantillons de baies de goji ont révélé la présence de pesticides interdits en Europe, voire de niveaux alarmants par rapport aux seuils légaux. De plus, des traces de métaux lourds et de toxines ont été identifiées dans certaines spirulines importées. Pour minimiser les risques, il est conseillé de choisir des produits certifiés par les autorités sanitaires et de se tourner vers des alternatives locales, souvent moins coûteuses.
(1) Plus d'informations sur cette enquête peuvent être trouvées dans le hors-série La santé dans l'assiette, disponible en kiosque depuis le 4 mars.







